Vers dorés
Le Parnasse contemporain — 1866
L’art ne veut point de pleurs et ne transige pas,Voilà ma poétique en deux mots : elle est faiteDe beaucoup de mépris pour l’homme et de combatsContre l’amour criard et contre l’ennui bête.
Je sais qu’il faut souffrir pour monter à ce faîteEt que la côte est rude à regarder d’en bas.Je le sais, et je sais aussi que maint poëteA trop étroits les reins ou les poumons trop gras.
Aussi ceux-là sont grands, en dépit de l’envie,Qui, dans l’âpre bataille ayant vaincu la vieEt s’étant affranchis du joug des passions,
Tandis que le rêveur végète comme un arbreEt que s’agitent, — un tas plaintif, — les nations,Se recueillent dans un égoïsme de marbre.
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