Sur le balcon
Les Amies
Toutes deux regardaient s’enfuir les hirondelles ;L’une pâle aux cheveux de jais, et l’autre blondeEt rose, et leurs peignoirs légers de vieille blondeVaguement serpentaient, nuages, autour d’elles.
Et toutes deux, avec des langueurs d’asphodèles,Tandis qu’au ciel montait la lune molle et ronde,Savouraient à longs traits l’émotion profondeDu soir, et le bonheur triste des cœurs fidèles.
Telles, leurs bras pressant, moites, leurs tailles souples,Couple étrange qui prend pitié des autres couples,Telles sur le balcon rêvaient les jeunes femmes.
Derrière elles, au fond du retrait riche et sombre,Emphatique comme un trône de mélodrame,Et plein d’odeurs, le lit défait s’ouvrait dans l’ombre.
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