Auburn
Parallèlement
IVAUBURN
« Et des châtain’s aussi. »
(Chanson de Malbrouk.)
Tes yeux, tes cheveux indécis,L’arc mal précis de tes sourcils,La fleur pâlotte de ta bouche,Ton corps vague et pourtant dodu,Te donnent un air peu faroucheÀ qui tout mon hommage est dû.Mon hommage, ah, parbleu ! tu l’as.Tous les soirs, quels joie et soulas,Ô ma très sortable châtaine,Quand vers mon lit tu viens, les seinsRoides, et quelque peu hautaine,Sûre de mes humbles desseins.Les seins roides sous la chemise,Fière de la fête promise
À tes sens partout et longtemps,Heureuse de savoir ma lèvre,Ma main, mon tout, impénitentsDe ces péchés qu’un fol s’en sèvre !Sûre de baisers savoureuxDans le coin des yeux, dans le creuxDes bras et sur le bout des mammes,Sûre de l’agenouillementVers ce buisson ardent des femmesFollement, fanatiquement !Et hautaine puisque tu saisQue ma chair adore à l’excèsTa chair et que tel est ce culteQu’après chaque mort, — quelle mort ! —Elle renaît, dans quel tumulte !Pour mourir encore et plus fort.Oui, ma vague, sois orgueilleuseCar radieuse ou sourcilleuse,Je suis ton vaincu, tu m’as tien :Tu me roules comme la vagueDans un délice bien païen,Et tu n’es pas déjà si vague !
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