Initium
Poèmes saturniens (1866)
INITIUM
Les violons mêlaient leur rire au chant des flûtesEt le bal tournoyait quand je la vis passerAvec ses cheveux blonds jouant sur les volutesDe son oreille où mon Désir comme un baiserS’élançait et voulait lui parler, sans oser.
Cependant elle allait, et la mazurque lenteLa portait dans son rhythme indolent comme un vers,— Rime mélodieuse, image étincelante, —Et son âme d’enfant rayonnait à traversLa sensuelle ampleur de ses yeux gris et verts.Et depuis, ma Pensée — immobile — contempleSa Splendeur évoquée, en adoration,Et dans son Souvenir, ainsi que dans un temple,Mon Amour entre, plein de superstition.Et je crois que voici venir la Passion.
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