Consolation à Marcia (trad. Baillard)
Traducido por Joseph Baillard
Sævumque arcte complexa dolorem,Perfruitur lacrimis et amat pro conjuge luetum.
Mon deuil me plaît et me doit toujours plaire :Il me tient lieu de celui que je plains.
Je n’osais dans mes pleurs me noyer à loisir ;le goûtais en tremblant ce funeste plaisir.
Et l’ombre du héros, près d’une épouse altièreSemble, se réveillant sous l’airain sépulcral,S’enorgueillir encor de ce deuil triomphal.
Quid deceat Drusi matrem, matremque NeronisAdspice ; quo surgas, adspice, mane toro.
Le temps seul, malgré toi, finira ta tristesse,Tes larmes tariront ;Et ce que n’aura pu cette grande sagesse,Quatre mois le feront.Chasse donc ton chagrin, et, quoi qu’il faille faire,Songe à le surmonter,Sans attendre, en pleurant comme un homme vulgaire,Qu’il te veuille quitter.
Mourir est un tribut qu’on doit aux destinées,Et leur décret fatal n’a pas prescrit d’années.On doit sitôt qu’on naît : il faut, sans s’effrayer,Quand la mort nous assigne, être prêt à payer.
Je ne vois que malheurs qui condamnent les dieux.
Post mortem nihil est, ipsaque mors nihil.
Quæris quo jaceas post obitum loco ?Quo non nata jacent.
Summisque negatumStore diu. (Lucain, I, 70.)
Immodicis brevis est estas, et rara senectus. (Martial, VI, 9.)Au moment de jouir des labeurs de leur vieQuand ils ont subjugué l’œil même de l’Envie,Serpent qui s’entrelace à tout ce qui grandit,Je ne sais de nos jours quelles fatales causesFont tomber à la fois les hommes et les choses,Et remonter au ciel tout ce qui resplendit. (Reboul.)
Dum numerat palmas, credidit esse senem. (Martial, X, 53.)
Le printemps et l’automne en lui n’eurent qu’un cours ;Et ses fruits étant mûrs dès la fleur de sa vie,Il mourut en jeunesse, et mourut plein de jours.
Quaque alias gaudere solent, ego rustica doteCorporis erubui, crimenque placere putavi.
Si le vainqueur du Nil fût du char descenduÀ l’âge du vainqueur d’Arbelle,Oh ! que sa mort eût été belle !Oh ! quel trépas il a perdu ! (Lebrun, Odes.)
Comentarios
Cargando comentarios…