Lettres à Lucilius — Lettre 117
Traducido por Joseph Baillard
J’appelle en vain la mort, et mon erreur est grandeSi je me puis donner ce que je lui demande.Toutes sortes d’objets favorisent mes vœux :Le fer et le poison, et les eaux et les feux.Oui, vous êtes partout, gouffres et précipices,Recours du désespoir, volontaires supplices,Et vous perdez pour moi le titre d’inhumains ;Mon destin, mon remède est en mes propres mains.La mort est ici-bas la puissance absolue…Qui ne la peut trouver ne la cherche pas bien.
On n’a pas le loisir de goûter la lumière.Misérables mortels, combien possédez-vousUn présent si cher et si doux ?Retranchez-en le temps dont Morphée est le maître.Retranchez cas jours superflusOù notre âme, ignorant son être,Ne se sent pas encore ou bien ne se sent plus :Otez le temps des soins, celui des maladies,Intermède fatal qui partage nos vies.
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