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L’Oncle Philibert

Cette côte à l’abri du ventQui se chauffe au soleil levantComme un vert lézard, c’est ma vigne !

Le tronc d’un haut pommier tient, suspendus en grappe,Quatre bambins joyeux, dont le chef a douze ansEt le plus jeune cinq. Des rires éclatantsCélèbrent de l’assaut chaque nouvelle étape.

Tendu sur un rameau, le plus vieux des enfantsSe rapproche du nid, de ses deux mains le happe,Et le chardonneret, dont sa poursuite frappeLe doux espoir, volète avec des cris perçants.

Un cri plus indigné retentit près de l’arbre :« Quoi ! ne sentez-vous pas, méchants au cœur de marbre,Si vous m’étiez ravis que mon cœur saignerait !… »

Alors le tout petit, se joignant à sa mère,Dit de sa douce voix : « Laisse-les, mon bon frère,Laisse-les dans le nid, leur maman pleurerait !… »

Fête sur le coteau ! l’essaim des vendangeusesTournoyant près des ceps chiffonne lestementLe pampre tout rougi, et, sous chaque sarment,Cueille du raisin mur les grappes savoureuses.

Rires et quolibets s’échangent vivement.On aspire à longs traits mille senteurs vineuses.Du chaud soleil, des fruits, des voix harmonieusesS’exhale jusqu’au soir un vague enivrement.

Puis le pressoir gémit, et tous courent en foulePour goûter le vin doux, qui jaillit et qui couleEn flots blonds dans le verre où pétille son jus.

Et la danse, plus tard, célèbre, par sa ronde,Du terroir mâconnais la richesse fécondeEt les feux du soleil, dans le cep descendus.

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