Voix

Les Fastes

VOIX

Par le jardin nocturne où la lune s’endort,Leurs voix, au son des luths parmi les chrysanthèmes,Murmurent de vieux airs mi d’amour, mi de mort.Les doux musiciens remémorent les thèmesTant anciens sur lesquels, en les soirs de désir,Tout le passé dansa sous ces feuillages blêmes.Un jet d’eau qui charma quelque royal loisirPleure, en le clair-obscur des brumeuses allées.L’heure et l’heure que nul remords ne peut saisir :Et le vent, susurrant malade en les valléesDe fleurs, remue au cœur des massifs de lilasComme un soupir furtif de femmes en allées.

Ce sont des froissements frêles de falbalas,Et de légers baisers ravis en le silence,Et des amusements d’amants si las ! si las !Puis la fuite d’un rire ! et oh ! l’eau qui s’élanceDes vasques, et les fleurs sous cette écume d’or,Et les luths, et les voix lentes de somnolenceEn le jardin nocturne où la lune s’endort !

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