Le Ménétrier
Les Gammes
Étouffant en la nuit la rumeur de ses pasLe vieux ménétrier sous l’horreur de la luneRôde comme un garou par la lande et la dune.
Sur la grève des mers il balance ses pas,Pris d’un doux mal d’amour pour sa dame la luneQui le leurre au plus loin de la lande et la dune.
Et le voilà qui vague au vouloir de ses pasVers le miroir des mers où palpite la lune,Oublieux du réel de la lande et la dune.
Les bras en croix, les yeux aux cieux, à larges pas,Au plus glauque des flots le lunatique, ô lune,Va s’engloutir sans deuils de la lande et la dune.
Nul mutisme plus grand ne dit la mort de pas.Un remous mollement remue au clair de lune,Puis la lame, et le vent sur la lande et la dune.
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