Je crois, folle, que tout l’automne
Petits Poèmes d’Automne
Je crois, folle, que tout l’automneDort en tes yeux, et ta voix,Las ! se lamente monotoneComme le vent lent dans les bois.Tes cheveux sont couleur des feuillesQui vont mourir, et tes mainsSemblent flétrir, que tu le veuillesOu non, les fleurs des lendemains.
Aussi t’aimais-je pour le rêveLamentable de tes yeuxEt ta voix qui fut la voix d’ÈvePleurant les aubes d’anciens cieux ;Et surtout pour ta chevelureQui fut mon léger linceul,Et tes mains à douce brûlureLors des baisers de seule à seul.Mais tu ne sus charmer mon âme,Dont le Sauveur ait merci !Car elle est de souffle et de flammeEt pure de l’impur souci.Me voici, féal à mon glaive,De nouveau sous le soleil,Et ces nuits d’amour sont le rêve,N’est-ce pas ? d’un mauvais sommeil.
Je vais vers des pays où tonneLe combat des demi-dieux…Ah ! folle, folle, tout l’automneNe dormait-il pas en tes yeux ?
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