L’enchanteresse de Thulé
Petits Poèmes d’Automne
L’enchanteresse de ThuléA ravi mon âme en son îleOù meurt, tel un souffle exhalé,Le regret de l’heure inutile.Je crois qu’on pleure autour de moi,Prince dont la magique épéePar la main des femmes sans foiSe brisa, vierge d’épopée.
C’est la fuite des étendardsLe long de la mauvaise routeAux cris des barbares hagardsTraquant mon armée en déroute.Qu’importe ? — Alors qu’au seuil des cieuxJe pourrais conquérir la Lance,Posez vos doigts lourds sur mes yeux,Ô vous, les trois Sœurs du Silence !L’encens des jours s’est exhalé :Pourquoi pleurer l’heure inutile ?L’enchanteresse de ThuléA ravi mon âme en son île.
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