La porte de la triste maison
Petits Poèmes d’Automne
La porte de la triste maisonOù s’abrita le rêve des ansS’est close aux neiges de la saisonDont frissonnent les nouveaux enfants.La route ne connaît plus les roisQui passaient dans des bruits de tambours,Ni les prêtres droits sous leurs orfrois,Ni les bouffons et les troubadours.
Vainement les pauvres impotents,Leurs pieds sur le seuil, chantent en chœurD’importunes chansons du vieux tempsSous le houx qui saigne comme un cœur.Celle et celui qui leur donnaient l’orSont morts d’avoir eu peur de l’hiverDans la maison où l’horloge encorMarque, sans le savoir, l’heure d’hier.Le jardin se perd vers les confinsDe la forêt interdite au jourQui hérisse en menace ses pinsAutour des trois croix du carrefour.Et contre le crépuscule rouxL’on voit fuir sous les corbeaux du sort,Comme une horde noire de loups,Les vengeurs qui hurlent à la mort.
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