Le lierre noir et la rose églantine

Petits Poèmes d’Automne

Le lierre noir et la rose églantineDéfendent les portes du jardinOù le soir d’un printemps qui s’obstineEst tout d’azur et d’incarnadin.Dehors s’éplorent les folles fontainesQui virent mi-mort d’amour l’EnfantVenu par les routes incertainesVers ce seuil du rêve triomphant,

N’ayant connu ni la magique épéeQue ne rouille pas le sang des fleurs,Ni la parole de l’épopéePar laquelle s’enfuit l’heure en pleurs,Il s’agenouilla, très las, dans la poudreDe la route ouverte à tous les pasOù les chars font le bruit de la foudreEt leurs sonnailles celui d’un glas.Quelles flûtes se dirent, dans les roses,La victoire du soir sur celuiQui crut servir l’esprit et les chosesDu lendemain et de l’aujourd’hui ?Ô pâle Enfant désireux des corolles,Close longtemps est la porte d’orQue seules descellent les parolesDe ceux qui veulent le vrai trésor.

Laisse-toi donc dormir hors de l’enceinteOù chante le dernier rossignol ;Sache croire que l’attente est sainte,Et donne à tes seuls rêves leur vol.Et peut-être enfin les portes de flammeS’ouvriront-elles à ton appelSous l’aube où les fleurs, ayant une âme,En feront sauter le triple scel.

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