Mon royaume est plein de cavalcades
Petits Poèmes d’Automne
Mon royaume est plein de cavalcadesCaracolant vers des plaines d’orAux fanfares magiques d’un corQui décèlera les embuscades.Vers l’Occident surgissent, vermeils,Les pinacles de la Cité sainte,Où dix mille étendards, sur l’enceinte,S’empourprèrent du sang des soleils.
Tôt tonneront, avec les cymbales,Les tympanons des Barbares noirs,Signal de la bataille des soirsQui cabrera les pâles cavales.Les haches heurteront de l’estoc,Les casques incrustés d’escarboucles,D’où s’écrouleront, rouges, les bouclesDes Païens rebroussés sous le choc.Et leur Prince, sonnant les alarmes,S’échouera dans les flaques de sangAux foudres du cor retentissantPar-dessus le vacarme des armes.Je tordrai dans mon poing les cheveuxDes folles qui pleurent sous les tentesLa déroute des hordes chantantesDont elles assouvissaient les vœux.
Que l’on danse d’amour devant l’ArcheQui nous mène, au rire des clairons,Vers la rive où, doux, nous puiseronsL’oubli de la lutte et de la marche !Je vous livre tout l’or du Trésor,Ô vous de la croisade des rêves,Et les gemmes frivoles des grèvesD’où la tarasque prend son essor.Car seul dans le temple du SilenceOù mourra la voix de vos adieux,Je veux ravir, comparable aux dieux,La Coupe, la Couronne et la Lance.
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