Une nuit, sous la terrible lune

Petits Poèmes d’Automne

Une nuit, sous la terrible luneQui saignait parmi les brumes roses,Tu parlais, ô sœur, de tristes chosesComme une enfant prise de rancune.Au loin les appels des mauvais hommesNous montaient des vergers de la plaineOù les arbres tordus par la haineTendaient, fruits du mal amour, leurs pommes.

Tu n’entendis pas le bruit des rouesRapportant vers les petits villagesLa récolte des moissonneurs sagesQui peinent le temps où tu te joues.Tu cueillais les pavots de la routePour en festonner, plein tes mains molles,Notre maison où l’on voit les follesMendier, sœurs du deuil et du doute.Comme devant une étrange aubergeTu fis, vocatrice de désastres,Le signe qui flétrit les bons astresDans le jardin d’azur de la Vierge.Puis effeuillant au seuil de la porteLes fleurs de l’ombre l’une après l’une,Tu chantas quelque chose à la Lune,Quelque chose dont mon âme est morte.

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