Grand’maman Fanchon
Chansons en sabots
GRAND’MAMAN FANCHON
Musique de Théodore BOTREL
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I
C’est une vaillante BretonneDe près de soixante et sept ans,Dont le reverdissant AutomneNargue les Hivers attristants.Dans le pays on la vénère ;Mais, moi, je l’adore avec foi :Si vous connaissiez ma grand’mère,Vous l’adoreriez comme moi.Vous Tout comme moi !
II
Quand je n’étais qu’un petit être,Frêle bambin grand comme ça,Dans mon petit berceau de hêtreC’est grand’maman qui me berça.Bien souvent, la soirée entière,Elle chantait pour m’endonnir :Ce sont les chansons de grand’mèreQui chantent dans mon souvenir,Vous Mon souvenir !
III
Ses bons yeux, couleur de pervenche,Ont un clair regard si profondQue lorsque vers eux l’on se pencheOn croit voir son cœur… tout au fond.Jamais un éclair de colèreN’en troubla la sérénité :Ce sont les bons yeux de grand’mèreQui m’ont appris la Charité,Vous La Charité !
IV
À la grand’messe, le Dimanche,Oh ! qu’elle était jolie encorAvec sa grande coiffe blanche,Son justin noir et sa croix d’or !Elle aimait dire sa prièreÀ côté de son petit-fieu :J’ai tant vu prier ma grand’mèreQue, depuis lors, je crois en Dieu,Vous Je crois en Dieu !
V
Mais, l’Heure ingrate étant venue,Un soir d’Avril, je la quittai ;Depuis, je ne l’ai pas revue…Oh ! j’irai la voir… cet Été !Mais, en entrant dans sa chaumière,Quels remords pour moi, quels sanglots,Si je ne trouvais plus grand’mèreM’espérant près de son lit-clos,Vous Son vieux lit-clos !
VI
Mais, son cœur me restant fidèleDans la Mort comme au temps jadis,Je suis bien certain que, près d’elle,J’aurai ma place au ParadisOù, l’Éternité tout entière,Contre son vieux cœur, dans ses bras,Ma très sainte et douce grand’mèrePourra bercer son petit-gâs,Vous Son petit-gâs !
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