France héroïque (La)

Coups de clairon

Dédié aux Découragés et aux Pessimistes.

LA FRANCE HÉROÏQUE

On dit qu’un Vent d’indifférenceAyant soufflé sur notre France,En nous on ne retrouve plusDes Héros des premières Gaules,Des Franks aux robustes épaules,Aucune des mâles vertus !…S’il est vrai que la France tombe,Ô grands Morts ! sortez de la tombeVous, les braves, vous, les ardents :Ah ! secouez notre égoïsme !Qu’un rayon de votre HéroïsmeVienne embraser vos descendants !Debout ! dressez vos hautes tailles,Compagnons des rudes bataillesDe Charlemagne et de Clovis !Roland, souffle en ton cor d’ivoire !Debout, Croisés couverts de GloireAux côtés du bon Saint Louis !Debout ! grands Rois et grandes Reines !Debout ! tous les fiers capitaines :Les Bayard et les Duguesclin !Debout surtout, Toi, la Chérie,Jeanne, qui sauvas ta PatrieQuand elle était à son déclin !

Debout, Jean-Bart ! Debout, Duquesne,Condé, Luxembourg et Turenne,Catinat, Tourville et Forbin !Debout, Bretons au cœur de chêne :Cartier, Bisson, Cornic-Duchesne,Et Surcouf, et Duguay-Trouin !

Debout, les gâs de Sambre-et-Meuse !Tous ceux de l’Époque fameuse :Masséna, Kléber et Marceau !Levez-vous, héros du Mexique,De la Crimée et de l’Afrique :Surgissez, d’Aumale et Bugeaud !Vous aussi, soyez de la FêteMornes héros de la Défaite,Vaincus plus grands que vos vainqueurs !Debout, tous !!! renversez vos pierres :Mettez vos yeux sous nos paupièresEt mettez vos cœurs dans nos cœurs !

Hélas ! quand, d’en bas, l’on contempleCeux qui sont, là-haut, dans le Temple,Si loin de la Réalité,Il paraît bien que, dans notre âge,Nul ne peut avoir leur courage,Ni leur force, ni leur fierté ;Car, ces temps-ci, des pessimistesOnt décrété, graves et tristes,Que nous n’avions plus, à leurs yeux,

Des âmes assez bien trempéesPour revivre les ÉpopéesDe nos héroïques Aïeux…… Cependant, quoiqu’on dise et fasse,Nous sommes toujours de la RaceDe l’énergie et de l’orgueil :Nos pilotes, les soirs d’orage,Quand « Noroît » mugit et fait rage,S’en vont toujours braver l’Écueil ;Quand retentit le ban de guerreLes Français, si vaillants naguère,Ne semblent nullement changés,Et nos fiers marins de la côteS’en vont toujours, la tête haute,Affronter les mêmes dangers :C’est Deloncle, brave et stoïque,Sombrant sur son TransatlantiqueAvec tout son état-major ;Et c’est Mauduit sur la Framée ;C’est Paul Henry, l’âme enflammée,S’élançant, gaîment, à la mort !Il nous reste nos Missionnaires,Nos mystérieux LégionnairesEt nos vaillants petits « Marsouins »Qui, pour nous gagner d’autres France,Bravent, avec insouciance,Les mortels soleils africains !

Des Héros ? J’en vois par centaine :C’est Courbet, Négrier, Duchesne,Bobillot le petit sergent,Mizon, Monteil, Flatters, Rivière,Et ces martyrs de l’Angleterre :Villebois-Mareuil et Marchand !

Allez, marchez ! l’Âme FrançaiseVibre encor, ne vous en déplaise,Fait et fera des hommes fortsSi nombreux, de si bonne marque,Qu’un jour il faudra dix PlutarquePour chanter nos illustres Morts !

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