À l’aide !

Coups de clairon — Les Boërs

« L’Europe se désintéresse de la question Boër. »xxxxxxxxxxxxxxx(Les journaux, 1901.)

À L’AIDE !

Du côté du Sud un cri monte :Ne l’entendez-vous pas d’ici ?Un cri de douleur et de honte,De rage aussi ;Un long cri de bête égorgéeÀ tâtons, dans l’ombre, au hasard ;Un long cri de vierge outragéePar un soudard ;Un cri qui transit jusqu’aux moellesQuand il vous vient au cœur, tout droit ;Un cri qui va jusqu’aux étoilesPorter l’effroi ;Un long cri que l’on n’entend guère,Que d’aucuns n’entendront jamais ;Un cri qui fait haïr la Guerre,Chérir la Paix.

C’est le cri d’une RépubliqueQui mord le tigre qui la mordEt qui se défendra, stoïque.Jusqu’à la mort !

France ! toi dont la terre entièreConnait la générosité,Ô toi qui crias, la première :Fraternité !Vas-tu rester aveugle et sourde,Ne pas voir cette enfant saigner ?Vas-tu, la tâche étant très lourde,La dédaigner ?

C’est à toi de donner l’exemple :Ne le donne pas à moitiéEt rebâtis, vite, le TempleDe la Pitié !…Toi qui vécus le plus beau rêveQue jamais un peuple ait vécu,Que ton cri fraternel s’élèvePour le vaincu ;

Pousse-le de ta voix si douce,Afin qu’un jour ce cri sauveurUn autre peuple aussi le pousseEn ta faveur ;Pour que l’Histoire européenneDe toi ne dise pas, un jour :« La France a protégé la Haine,Trahi l’Amour ! »

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