Inviolata
Améthystes
Avec ces traits harmonieux, pareilsÀ ceux des Nymphes pures,Et ce teint rose et ces anneaux vermeilsEntre les chevelures,
Avec les noirs sourcils et les grands cilsDont l’ombre solennelleSe joue, orgueil de tes regards subtils,Sur ta vague prunelle,
Ta beauté, lys exalté, vêtementJoyeux, que rien n’offense,Garde, malgré l’épanouissement,Comme un duvet d’enfance.
Telle Artémis éveille les chasseursDans la forêt sonoreEt parmi nous tu n’as pas d’autres sœursQue la neige et l’aurore.
Pareille aux Dieux, dont le généreux flanc,Qu’un parfum rassasie,Sentait courir sous la chair, non du sang,Mais un flot d’ambroisie,
On voit frémir un rayon embauméSur ton sein d’héroïne,Et l’on sent bien que ton corps est forméD’une essence divine.
Comme Cypris, qui porte un ciel d’amourDans son âme étoilée,Et qui, malgré ses délires d’un jour,Demeure inviolée,
Cruelle et rose et répandant l’effroi,Femme au front de Déesse,Tu sais que rien ne peut faner en toiL’immortelle jeunesse.
Tu vois nos maux d’un œil indifférent,Car tes attraits insignesSont invaincus plus que l’eau du torrentEt la plume des cygnes ;
Et tant d’amours, hélas ! faits pour flétrirLeur fraîcheur matinale,Ô mon trésor, n’ont pas pu défleurirTa grâce virginale.
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