Initiales

Nous tous

LINITIALES

Othello dit bien : C’est la cause.La cause, ô mon âme ! Plus çaChange, plus c’est la même chose,Et vainement le temps passa.X. fait les vers, toujours de même.Jamais dans les temps reculés,On n’a vu, comme en son poème,Autant de tropes éculés.Si jamais il faisait des bottes,Chacun s’écrierait : Ça, bottier !Ô Muse, en ses vers tu barbotes :Il rime comme un sabotier.

Y., la très ancienne blonde,Qui pourtant n’a pas débridé,Voudrait encor montrer au mondeLes plis de son vieux cœur ridé.Racorni comme la corolleD’une rose après les festins,Z. traite toujours sa paroleComme il fait des autres catins ;Et baissant son regard obliqueEmpli de ténébreux desseins,Il voit cette fille publiqueEt lui crache entre les deux seins.Ces malheureux, ivres de lie,Souffrent leurs supplices grossiers ;Mais monsieur Grévy les oublie. —Il ne les a pas graciés.

25 janvier 1884.

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