La Bouquetière

Nous tous

VIIILA BOUQUETIÈRE

Elle pleure, et n’est pas au bout.Pendant la matinée entière,On n’a rien acheté du toutÀ la petite Bouquetière.Elle est à jeun. Le sang pourpréA déserté sa lèvre, pâleComme un linge blanc sur le pré,Et sa pauvre poitrine râle.Frêle victime du guignon,Elle croise son châle, minceComme une pelure d’oignon,Quand le froid trop aigu la pince.

Mais c’est bien d’elle qu’il s’agit !Elle offre en vain sa violette ;Et toujours la bise rougitSes tout petits doigts de squelette.

1 décembre 1883.

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