Lex
Nous tous
LXXLEX
Rosette avait un joli signeDans un endroit qui n’est pas laid,Amusant sur le cou de cygne,Comme une mouche sur du lait.Elle avait des bouffettes rosesSur ses gais souliers de satin,Qui vous disaient des tas de chosesDans un langage clandestin.Et parfois aussi, la folâtre,Pardonnant aux lys d’être nus,Décolletée au coin de l’âtre,Laissait voir ses seins ingénus.
Hier Gontran, lui rendant visite,Vit avec un tragique effroiQu’un long vêtement parasiteVoilait tous ces jouets de roi.Gigantesque feuille de vigne,Une robe aux plis trop osésCachait les bouffettes, le signeEt les tendres boutons rosés.Alors, d’une âme humiliée,Il dit : Ô prodige nouveau !Voilà Rosette reliéeComme un volume in-octavo !Chez vous, on était camaradeAvec les roses et les lys.D’où nous vient cette mascarade ?Thècle remplace Amaryllis !Mais Rosette à la pâleur d’ambreLui dit : Vous n’avez donc pas lu,Monsieur, les débats de la ChambreEt ce que l’on a résolu ?
J’embellissais les jours morosesPar des notes bizarres ; maisLe signe et les bouffettes roses,Nul ne les verra plus jamais.Si quelque regard les rencontre,Ce sera plus tard, dans les cieux :Car il ne faut plus que l’on montreDes emblèmes séditieux !
19 février 1884.
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