Reine-Blanche
Nous tous
LXVREINE-BLANCHE
La Reine-Blanche est morte.Un vent de glace emporteEt disperse à l’entourSon vieil amour.Ô paradis terrestre !Épouvantable orchestre ;Qui même effarouchasLes pauvres chats !Phrase cruelle et nette,Que dit la clarinette,Ou que nous dépistonsDans les pistons !
Saladiers sans emphase,Où l’on buvait l’extaseAvec le flot sacréDu vin sucré !Alphonses, divins mâles !Robes de femmes pâlesCollant comme un linceul !Cavalier seul !Sous le gaz noir qui flambe,Irma levant la jambeEn l’air, et montrant sonNez polisson !Femmes parfois geléesQui dansiez, flagelléesPar le fouet triste et fouD’un dieu voyou !Chœur plein de mille ragesQui, parmi des oragesAssez souvent décrits,Poussais des cris !
Ton orgie indocileÉtant sans domicile,Suis la brise et l’autan.Adieu, va-t’en.Laisse ton pauvre viceDéjà hors de serviceEt pratique, si tuPeux, la vertu !
14 février 1884.
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