Mer des Morts

Au clair de la dune

VIMER DES MORTS

Ce soir, la mer semble un cimetière. Les cieux,Tristes comme ma joie, ont surbaissé leur archeSous laquelle on dirait des corbillards en marche,Les grands nuages noirs roulant silencieux.Il fait plus sombre en moi que là-haut, et mes larmesFêtent des corbillards bien plus mornes : mon cœur,Dans l’infini des spleens, revoit passer le chœurDes fantômes aimés et des primes alarmes…

Mer lugubre et sans fond, tes abîmes discretsGardent également d’innombrables secrets.Suaire que l’écume ourle de sa dentelle !Aussi, lorsque la lune, aux flots noirs ondulant,Sur l’immense tombeau pose son reflet blanc,On croit voir la couronne où se meurt l’immortelle.

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