Revanches

Au clair de la dune

VIIREVANCHES

Pour sauver leur âme et leurs osDe leurs spleens irrémédiables,Que d’autres s’en aillent aux eaux,Aux feux, aux monts… à tous les diables…Nous, mieux inspirés, ne quittonsPoint notre allègre capitale :En l’honneur des bénins piétonsSa grâce estivale s’étale.

Ils sont partis, tous les gêneurs,Ô libératrices vacances,Seuls, noyés dans les promeneurs,Quelques intrus sans conséquences.La ville à nous seuls, c’est charmant,On est chez soi même au théâtreOù l’on ne compte plus, vraiment,Avec « le public idolâtre ».Pendant que les bons exilésRissolent dans quelque fournaise,Et, par les hôteliers volés,Bataillent contre la punaise.Nous, toujours dispos et bavards,Sous les draches rafraîchissantes,Nous passons sur les boulevardsDes heures certes ravissantes.Là-bas ils vont sucer des eauxQui couvent des œufs cholériques,Et, dans des verres à biseaux,Nous lampons des liqueurs féériques.

D’autres risquent de déraillerEn cherchant au loin le mystère ;D’ici nous pouvons les railler :À pied nous partons pour Cythère.D’autres, enfin, cœurs élargis,Pour s’amuser mieux, les infâmes,Laissèrent l’épouse au logis…C’est nous qui consolons leurs femmes.

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