À Jeanne

VI

Ces lieux sont purs ; tu les complètes.Ce bois, loin des sentiers battus,Semble avoir fait des violettes,Jeanne, avec toutes tes vertus.L’aurore ressemble à ton âge ;Jeanne, il existe sous les cieuxOn ne sait quel doux voisinageDes bons cœurs avec les beaux lieux.Tout ce vallon est une fêteQui t’offre son humble bonheur ;C’est un nimbe autour de ta tête ;C’est un éden en ton honneur.Tout ce qui t’approche désireSe faire regarder par toi,Sachant que ta chanson, ton rire,Et ton front, sont de bonne foi.Ô Jeanne, ta douceur est telleQu’en errant dans ces bois bénis,Elle fait dresser devant elleLes petites têtes des nids.

22 octobre 1859.

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