À Lydie (Hugo)
Au nom des Dieux dont tu te ris,Lydie, en ta folle tendresse,Veux-tu donc perdre Sybaris ?Dans l’amour dont il est éprisVa-t-il consumer sa jeunesse ?Pourquoi n’a-t-il que du méprisPour Mars, pour sa noble poussière ?Pourquoi, dans l’arêne guerrière,Surpassant ses rivaux surpris,Ne franchit-il pas la carrière,Fier de ses coursiers’ aguerris ?Depuis que son cœur n’est plus libre,Pourquoi craint-il l’onde du Tibre ?Pourquoi, sur ses membres flétris,N’ose-t-il pas verser l’olive ?Pourquoi ta tendresse craintiveAmollit-elle ses esprits ?Pourquoi, sous l’armure falisque,Ses bras ne sont-ils pas meurtris ?Pourquoi de la flèche.et du disqueN’a-t-il pas mérité le prix ?Jadis, à la douleur en proie,Thétis, à la cour de Scyros,Loin des fatales tours de Troie,Élevait un naissant héros,Qui, jusqu’au pied de leurs murailles,Sur les Troyens anéantisDevait semer les funérailles :Es-tu donc une autre Thétis ?
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