C’est parce qu’elle se taisait

VI

Son silence fut mon vainqueur ;C’est ce qui m’a fait épris d’elle.D’abord je n’avais dans le cœurRien qu’un obscur battement d’aile.Nous allions en voiture au bois,Seuls tous les soirs, et loin du monde ;Je lui parlais, et d’autres voixChantaient dans la forêt profonde.Son œil était mystérieux.Il contient, cet œil de colombe,Le même infini que les cieux,La même aurore que la tombe.Elle ne disait rien du tout,Pensive au fond de la calèche.Un jour je sentis tout à coupTrembler dans mon âme une flèche.L’Amour, c’est le je ne sais quoi.Une femme habile à se taireEst la caverne où se tient coiCe méchant petit sagittaire.

17 août.

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