Dans les ruines d’une abbaye

XV

Seuls tous deux, ravis, chantants !Comme on s’aime !Comme on cueille le printempsQue Dieu sème !Quels rires étincelantsDans ces ombresPleines jadis de fronts blancs,De cœurs sombres !On est tout frais mariés.On s’envoieLes charmants cris variésDe la joie.Purs ébats mêlés au ventQui frissonne !Gaîtés que le noir couventAssaisonne !On effeuille des jasminsSur la pierreOù l’abbesse joint ses mainsEn prière.

Les tombeaux, de croix marqués,Font partieDe ces jeux, un peu piquésPar l’ortie.On se cherche, on se poursuit,On sent croîtreTon aube, amour, dans la nuitDu vieux cloître.On s’en va se becquetant,On s’adore,On s’embrasse à chaque instant,Puis encore,Sous les piliers, les arceaux,Et les marbres.C’est l’histoire des oiseauxDans les arbres.

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