Quia pulvis es
Les Contemplations
Ceux-ci partent, ceux-là demeurent.Sous le sombre aquilon, dont les mille voix pleurent,Poussière et genre humain, tout s’envole à la fois.Hélas ! le même vent souffle, en l’ombre où nous sommes,Sur toutes les têtes des hommes,Sur toutes les feuilles des bois.
Ceux qui restent à ceux qui passentDisent : — Infortunés ! déjà vos fronts s’effacent.Quoi ! vous n’entendez plus la parole et le bruit !Quoi ! vous ne verrez plus ni le ciel ni les arbres !Vous allez dormir sous les marbres !Vous allez tomber dans la nuit ! —
Ceux qui passent à ceux qui restentDisent : — Vous n’avez rien à vous ! vos pleurs l’attestent !Pour vous, gloire et bonheur sont des mots décevants.Dieu donne aux morts les biens réels, les vrais royaumes.Vivants ! vous êtes des fantômes ;C’est nous qui sommes les vivants !
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