« Quand le livre où s’endort chaque soir ma pensée »
Les Feuilles d’automne
Quand le livre où s’endort chaque soir ma pensée,Quand l’air de la maison, les soucis du foyer,Quand le bourdonnement de la ville insenséeOù toujours on entend quelque chose crier,
Quand tous ces mille soins de misère ou de fêteQui remplissent nos jours, cercle aride et borné,Ont tenu trop longtemps, comme un joug sur ma tête,Le regard de mon âme à la terre tourné ;
Elle s’échappe enfin, va, marche, et dans la plainePrend le même sentier qu’elle prendra demain,Qui l’égare au hasard et toujours la ramène,Comme un coursier prudent qui connaît le chemin.
Elle court aux forêts où dans l’ombre indéciseFlottent tant de rayons, de murmures, de voix,Trouve la rêverie au premier arbre assise,Et toutes deux s’en vont ensemble dans les bois !
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