« Ô misérables amas de vanités humaines »
Les Quatre Vents de l’esprit — Le Livre lyrique
Ô misérable amas de vanités humaines,Rêves ! au premier vent qui souffle dans les plaines,Comme tout se disperse et tout s’évanouit !Puissance, amour, douleur qui brûle dans la nuit,Orgueils et voluptés, colères enflammées,Comme cela se mêle à toutes les fumées !À quoi bon tant d’ardeur et tant d’emportementPour arriver si vite à tant d’abattement !Hommes ! pourquoi ce bruit, et pourquoi faire attendreDes colosses au monde ? On croit, à vous entendreRugir dans le brasier des sombres passions,Au milieu des fureurs et des ambitions,Autour de ce que l’âme embrasse, craint, désire,Que vous êtes de bronze, et vous êtes de cire !
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