Entrée dans l’exil

Les Quatre Vents de l’esprit — Le Livre lyrique

J’ai fait en arrivant dans l’île connaissanceAvec un frais vallon plein d’ombre et d’innocence,Qui, comme moi, se plaît au bord des flots profonds.Au même rayon d’or tous deux nous nous chauffons ;J’ai tout de suite avec cette humble solitudePris une familière et charmante habitude.Là deux arbres, un frêne, un orme à l’air vivant,Se querellent et font des gestes dans le ventComme deux avocats qui parlent pour et contre ;J’y vais causer un peu tous les jours, j’y rencontreMon ami le lézard, mon ami le moineau ;Le roc m’offre sa chaise et la source son eau ;J’entends, quand je suis seul avec cette nature,Mon âme qui lui dit tout bas son aventure ;Ces champs sont bonnes gens, et j’aime, en vérité,Leur douceur, et je crois qu’ils aiment ma fierté.

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