« J’ai beau comme un imbécile »

Les Quatre Vents de l’esprit — Le Livre lyrique

XX

J’ai beau comme un imbécileRegarder dans ma maison,Si bien qu’on dit dans la villeQue j’ai perdu la raison,J’ai beau chercher ; elle est morte.Elle ne reviendra pas.Elle est partie, et la porteEst encore ouverte, hélas !Je tressaille quand on sonne.Je l’attends, j’en fais l’aveu.Où sont ces beaux jours d’automneQuand elle était là, mon Dieu !Cette âme s’en est allée.Elle a fui, moi demeurant.La nuit, à l’ombre étoiléeJe tends les bras en pleurant.Je m’accoude à ma fenêtre,Je songe aux jours révolus.Hélas ! ce pauvre doux êtreQui chantait, je ne l’ai plus !

Bruxelles, 28 avril 1852.

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