À un écrivain

Les Quatre Vents de l’esprit — Le Livre satirique

Prends garde à Marchangy. La prose poétiqueEst une ornière où geint le vieux Pégase étique.Tout autant que le vers, certes, la prose a droitÀ la juste cadence, au rhythme divin ; soit ;Pourvu que, sans singer le mètre, la cadenceS’y cache et que le rhythme austère s’y condense.La prose en vain essaie un essor assommant.Le vers s’envole au ciel tout naturellement ;Il monte ; il est le vers ; je ne sais quoi de frêleEt d’éternel, qui chante et plane et bat de l’aile ;Il se mêle, farouche et l’éclair dans les yeux,À toutes ces lueurs du ciel mystérieuxQue l’aube frissonnante emporte dans ses voiles.Quand même on la ferait danser jusqu’aux étoiles,La prose, c’est toujours le sermo pedestris.Tu crois être Ariel et tu n’es que Vestris.

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