Écrit sur la première page d’un livre de Joseph de Maistre

Les Quatre Vents de l’esprit — Le Livre satirique

Cathédrale monstre ! BâtieContre le droit et le devoir !Plan incliné. La sacristie,Glissante, devient l’abattoir.

Ici les cierges, là les torches.Dans ce temple, à deux fins construit,On juxtapose les deux porchesDe la lumière et de la nuit.

Fausse lumière et nuit réelle.L’ombre de Rome sur Paris.Une aigle ayant au bout de l’aileDes ongles de chauve-souris.

Une logique épouvantableInvente, ô peuple sans vengeurs,Un Reims étrange à double tableOù sont assis tes deux mangeurs.

Les deux noirs êtres qui te rongent,Le magnifique et le hideux,Boivent ton sang ensemble, et songent,Avec leur prêtre à côté d’eux.

Double chapelle, et double apôtre.Bonald en l’une, altier zéro,Couronne le prince, et, dans l’autre,De Maistre sacre le bourreau.

L’horreur à l’empire est mêlée.On a sur le trône étaléUne pourpre coaguléeQui de l’échafaud a coulé.

Un homme règne, un homme fauche ;Soit. J’ai toujours cru qu’on verraitSe marier de la main gaucheL’épée avec le couperet.

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