Le Mont-aux-Pendus

Les Quatre Vents de l’esprit — Le Livre satirique

Ils me disent : hier deux bricks se sont perdusLa nuit sur des bas-fonds près du Mont-aux-Pendus.Et moi, levant le doigt vers la funèbre cime,Je leur dis : vous venez tuer devant l’abîme.Pourquoi voulez-vous donc qu’il soit meilleur que vous ?Les flots sont insensés, mais les hommes sont fous.Vous donnez le mauvais exemple aux mers sauvages ;Vous leur montrez la mort debout sur vos rivages ;Vous mettez un gibet sur la falaise ; alorsNe vous étonnez point d’avoir, près de vos ports,Épiant vos départs comme vos arrivées,Des roches sans pitié que l’homme a dépravées.

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