Se laisser calomnier

Les Quatre Vents de l’esprit — Le Livre satirique

Quoi, frère, tu frémis parce qu’on te déchire !Tu ne connais donc pas la force du sourire !Quand tu te vois honni, hué, sifflé, raillé,Par des faquins à l’âme obscure, au nom souillé,Qui firent cent métiers et jouèrent cent rôles,Tu prends trop de souci des choses que ces drôlesDisent de toi. Ton front s’assombrit ; tu t’émeusDes sottises d’un tas de cuistres venimeux.Regarde-moi. — Je suis seul, debout, sur la scène,On m’insulte, je ris de leur rage malsaineEt je vais ! car mon cœur dans cet âpre cheminSent aujourd’hui l’honneur et la gloire demain.

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