Une nuit qu’on entendait la mer sans la voir
Les Voix intérieures
XXIV
Quels sont ces bruits sourds ?Écoutez vers l’ondeCette voix profondeQui pleure toujoursEt qui toujours gronde,Quoiqu’un son plus clairParfois l’interrompe… —Le vent de la merSouffle dans sa trompe.
Comme il pleut ce soir !N’est-ce pas, mon hôte ?Là-bas, à la côte,Le ciel est bien noir,La mer est bien haute !On dirait l’hiver ;Parfois on s’y trompe… —Le vent de la merSouffle dans sa trompe.
Oh ! marins perdus !Au loin, dans cette ombreSur la nef qui sombre,Que de bras tendusVers la terre sombre !Pas d’ancre de ferQue le flot ne rompe.Le vent de la merSouffle dans sa trompe.
Nochers imprudents !Le vent dans la voileDéchire la toileComme avec les dents !Là-haut pas d’étoile !L’un lutte avec l’air,L’autre est à la pompe.Le vent de la merSouffle dans sa trompe.
C’est toi, c’est ton feuQue le nocher rêve,Quand le flot s’élève,Chandelier que DieuPose sur la grève,Phare au rouge éclairQue la brume estompe !Le vent de la merSouffle dans sa trompe
17 juillet 1836
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