Table

Translated from Spanish by Amelot de la Houssaie

L’Homme de cour

TABLE DES MAXIMES

I. Tout est maintenant au point de sa perfection, et l’habile homme au plus haut.

II. L’esprit et le génie.

III. Ne se point ouvrir, ni déclarer.

IV. Le savoir et la valeur font réciproquement les grands hommes.

V. Se rendre toujours nécessaire.

VI. L’homme au comble de sa perfection.

VII. Se bien garder de vaincre son maître.

VIII. L’homme qui ne se passionne jamais.

IX. Démentir les défauts de sa nation.

X. Fortune et renommée.

XI. Traiter avec ceux de qui l’on peut apprendre.

XII. La nature et l’art ; la matière et l’ouvrier.

XIII. Procéder quelquefois finement, quelquefois rondement.

XIV. La chose et la manière.

XV. Se servir d’esprits auxiliaires.

XVI. Le savoir et la droite intention.

XVII. Ne pas tenir toujours un même procédé.

XVIII. L’application et le génie.

XIX. N’être point trop prôné par les bruits de la renommée.

XX. L’homme dans son siècle.

XXI. L’art d’être heureux.

XXII. Être homme de mise.

XXIII. N’avoir point de tache.

XXIV. Modérer son imagination.

XXV. Être bon entendeur.

XXVI. Trouver le faible de chacun.

XXVII. Préférer l’intension à l’extension.

XXVIII. N’avoir rien de vulgaire.

XXIX. Être homme droit.

XXX. N’affecter point d’emplois extraordinaires, ni chimériques.

XXXI. Connaître les gens heureux, pour s’en servir ; et les malheureux, pour s’en écarter.

XXXII. Avoir le renom de contenter chacun.

XXXIII. Savoir se soustraire.

XXXIV. Connaître son fort.

XXXV. Peser les choses selon leur juste valeur.

XXXVI. Sonder sa fortune et ses forces, avant que de s’embarquer dans aucune entreprise.

XXXVII. Deviner où portent de petits mots qu’on nous jette en passant, et savoir en tirer du profit.

XXXVIII. Savoir se modérer dans la bonne fortune.

XXXIX. Connaître l’essence et la saison des choses, et savoir s’en servir.

XL. Se faire aimer de tous.

XLI. N’exagérer jamais.

XLII. De l’ascendant.

XLIII. Parler comme le vulgaire, mais penser comme les sages.

XLIV. Sympathiser avec les grands hommes.

XLV. User de réflexion, sans en abuser.

XLVI. Corriger son antipathie.

XLVII. Éviter les engagements.

XLVIII. L’homme de grand fonds.

XLIX. L’homme judicieux et pénétrant.

L. Ne se perdre jamais le respect à soi-même.

LI. L’homme de bon choix.

LII. Ne s’emporter jamais.

LIII. Diligent et intelligent.

LIV. Avoir du sang aux ongles.

LV. L’homme qui sait attendre.

LVI. Trouver de bons expédients.

LVII. Les gens de réflexion sont les plus sûrs.

LVIII. Se mesurer selon les gens.

LIX. Se faire désirer et regretter.

LX. Le bon sens.

LXI. Exceller dans l’excellent.

LXII. Se servir de bons instruments.

LXIII. L’excellence de la primauté.

LXIV. Savoir s’épargner du chagrin.

LXV. Le goût fin.

LXVI. Prendre bien ses mesures, avant que d’entreprendre.

LXVII. Préférer les emplois plausibles.

LXVIII. Faire comprendre est bien meilleur que faire souvenir.

LXIX. Ne point donner dans l’humeur vulgaire.

LXX. Savoir refuser.

LXXI. N’être point inégal et irrégulier dans son procédé.

LXXII. Avoir de la résolution.

LXXIII. Trouver ses défaites.

LXXIV. N’être point inaccessible.

LXXV. Se proposer quelque héros, non pas tant à imiter qu’à surpasser.

LXXVI. N’être pas toujours sur le plaisant.

LXXVII. S’accommoder à toutes sortes de gens.

LXXVIII. L’art d’entreprendre à propos.

LXXIX. L’humeur joviale.

LXXX. Être soigneux de s’informer.

LXXXI. Renouveler sa réputation de temps en temps.

LXXXII. Ne pas trop approfondir le bien, ni le mal.

LXXXIII. Faire de petites fautes à dessein.

LXXXIV. Savoir tirer profit de ses ennemis.

LXXXV. Ne se point prodiguer.

LXXXVI. Se munir contre la médisance.

LXXXVII. Cultiver et embellir.

LXXXVIII. S’étudier à avoir les manières sublimes.

LXXXIX. Connaître parfaitement son génie, son esprit, son cœur, et ses passions.

XC. Le moyen de vivre longtemps.

XCI. Agir sans crainte de manquer.

XCII. L’esprit transcendant en toutes choses.

XCIII. L’homme universel.

XCIV. Capacité inépuisable.

XCV. Savoir entretenir l’attente d’autrui.

XCVI. La syndérèse.

XCVII. Acquérir et conserver la réputation.

XCVIII. Dissimuler.

XCIX. La réalité et l’apparence.

C. L’homme désabusé. Le chrétien sage. Le courtisan philosophe.

CI. Une partie du monde se moque de l’autre, et l’une et l’autre rient de leur folie commune.

CII. Estomac bon à recevoir les grosses bouchées de la fortune.

CIII. Conserver la majesté propre à son état.

CIV. Tâter le pouls aux affaires.

CV. N’être point lassant.

CVI. Ne point faire parade de sa fortune.

CVII. Ne point montrer qu’on soit content de soi-même.

CVIII. Le plus court chemin pour devenir grand personnage est de savoir choisir son monde.

CIX. N’être point répréhensif.

CX. N’attendre pas qu’on soit soleil couchant.

CXI. Faire des amis.

CXII. Gagner le cœur.

CXIII. Dans la bonne fortune, se préparer à la mauvaise.

CXIV. Ne compéter jamais.

CXV. Se faire aux humeurs de ceux avec qui l’on a à vivre.

CXVI. Traiter toujours avec des gens soigneux de leur devoir.

CXVII. Ne parler jamais de soi-même.

CXVIII. Affecter le renom d’être civil.

CXIX. Ne pas faire le revêche.

CXX. S’accommoder au temps.

CXXI. Ne point faire une affaire de ce qui n’en est pas une.

CXXII. L’autorité dans les paroles et dans les actions.

CXXIII. L’homme sans affectation.

CXXIV. Se faire regretter.

CXXV. N’être point livre de compte.

CXXVI. Ce n’est pas être fou que de faire une folie, mais bien de ne la savoir pas cacher.

CXXVII. Le je-ne-sais-quoi.

CXXVIII. Le haut courage.

CXXIX. Ne se plaindre jamais.

CXXX. Faire, et faire paraître.

CXXXI. Le procédé de galant homme.

CXXXII. S’aviser, et se raviser.

CXXXIII. Être plutôt fou avec tous, que sage tout seul.

CXXXIV. Avoir le double des choses nécessaires à la vie.

CXXXV. N’être point esprit de contradiction.

CXXXVI. Prendre bien les affaires, et leur tâter incontinent le pouls.

CXXXVII. Il ne faut au sage que lui-même.

CXXXVIII. L’art de laisser aller les choses comme elles peuvent, surtout quand la mer est orageuse.

CXXXIX. Connaître les jours malheureux.

CXL. Donner d’abord dans le bon de chaque chose.

CXLI. Ne se point écouter.

CXLII. Ne prendre jamais le mauvais parti, en dépit de son adversaire qui a pris le meilleur.

CXLIII. Se garder de donner dans le paradoxe en voulant s’éloigner du vulgaire.

CXLIV. Entrer sous le voile de l’intérêt d’autrui, pour rencontrer après le sien.

CXLV. Ne point montrer le doigt malade.

CXLVI. Regarder au-dedans.

CXLVII. N’être point inaccessible.

CXLVIII. Savoir l’art de converser.

CXLIX. Savoir détourner les maux sur autrui.

CL. Savoir faire valoir ce que l’on fait.

CLI. Penser aujourd’hui pour demain, et pour longtemps.

CLII. Ne s’associer jamais avec personne auprès de qui l’on ait moins de lustre.

CLIII. Fuir d’être obligé de remplir un grand vide.

CLIV. N’être facile ni à croire, ni à aimer.

CLV. L’art de se contenir.

CLVI. Les amis par élection.

CLVII. Ne se point tromper en gens.

CLVIII. Savoir user de ses amis.

CLIX. Savoir souffrir les sots.

CLX. Parler sobrement à ses émules, par précaution ; et aux autres, par bienséance.

CLXI. Connaître les défauts où l’on se plaît.

CLXII. Savoir triompher de la jalousie et de l’envie.

CLXIII. Il ne faut jamais perdre les bonnes grâces de celui qui est heureux, pour prendre pitié d’un malheureux.

CLXIV. Tirer quelques coups en l’air.

CLXV. Faire bonne guerre.

CLXVI. Discerner l’homme qui donne des paroles d’avec celui qui donne des effets.

CLXVII. Se savoir aider.

CLXVIII. Ne point donner dans le monstrueux.

CLXIX. Plus d’attention à ne pas manquer un coup, qu’à en bien tirer cent.

CLXX. User de ménagement en toutes choses.

CLXXI. Ne pas abuser de la faveur.

CLXXII. Ne s’engager point avec qui n’a rien à perdre.

CLXXIII. N’être point de verre dans la conversation, encore moins dans l’amitié.

CLXXIV. Ne point vivre à la hâte.

CLXXV. L’homme substantiel.

CLXXVI. Savoir, ou écouter ceux qui savent.

CLXXVII. Éviter le trop de familiarité dans la conversation.

CLXXVIII. Croire au cœur, et surtout quand c’est un cœur de pressentiment.

CLXXIX. Se retenir de parler, c’est le sceau de la capacité.

CLXXX. Ne se régler jamais sur ce que l’ennemi avait dessein de faire.

CLXXXI. Ne point mentir, mais ne pas dire toutes les vérités.

CLXXXII. Un grain de hardiesse tient lieu d’une grande habileté.

CLXXXIII. Ne se point entêter.

CLXXXIV. N’être point cérémonieux.

CLXXXV. N’exposer jamais son crédit au risque d’une seule entrevue.

CLXXXVI. Discerner les défauts, quoiqu’ils soient devenus à la mode.

CLXXXVII. Faire soi-même tout ce qui est agréable, et par autrui tout ce qui est odieux.

CLXXXVIII. Porter toujours en compagnie quelque chose à louer.

CLXXXIX. Se prévaloir du besoin d’autrui.

CXC. Trouver sa consolation partout.

CXCI. Ne se point repaître d’une courtoisie excessive.

CXCII. L’homme de grande paix est homme de longue vie.

CXCIII. Veille de près sur celui qui entre dans ton intérêt pour sortir avec le sien.

CXCIV. Juger modestement de soi-même et de ses affaires, surtout quand on ne fait que commencer à vivre.

CXCV. Savoir estimer.

CXCVI. Connaître son étoile.

CXCVII. Ne s’embarrasser jamais avec les sots.

CXCVIII. Savoir se transplanter.

CXCIX. Savoir se mettre sur le pied d’homme sage, et non d’homme intrigant.

CC. Avoir toujours quelque chose à désirer, pour ne pas être malheureux dans son bonheur.

CCI. Tous ceux qui paraissent fous le sont, et encore la moitié de ceux qui ne le paraissent pas.

CCII. Les dits et les faits rendent un homme accompli.

CCIII. Connaître les excellences de son siècle.

CCIV. Ce qui est facile se doit entreprendre comme s’il était difficile ; et ce qui est difficile comme s’il était facile.

CCV. Savoir jouer de mépris.

CCVI. Il y a partout un vulgaire.

CCVII. User de retenue.

CCVIII. Ne point mourir du mal de fou.

CCIX. Ne point donner dans la folie des autres.

CCX. Savoir jouer de la vérité.

CCXI. Au ciel tout est plaisir ; en enfer tout est peine : le monde, comme mitoyen, tient de l’un et de l’autre.

CCXII. Se réserver toujours la fin de l’art.

CCXIII. Savoir contredire.

CCXIV. D’une folie n’en pas faire deux.

CCXV. Avoir l’œil sur celui qui joue de seconde intention.

CCXVI. Parler net.

CCXVII. Il ne faut ni aimer, ni haïr pour toujours.

CCXVIII. Ne rien faire par caprice, mais tout avec circonspection.

CCXIX. Ne point passer pour homme d’artifice.

CCXX. Se couvrir de la peau du renard, quand on ne peut pas se servir de celle du lion.

CCXXI. N’être point trop prompt à s’engager, ni à engager autrui.

CCXXII. L’homme retenu a toute l’apparence d’être prudent.

CCXXIII. N’être pas trop singulier, ni par affectation, ni par inadvertance.

CCXXIV. Ne prendre jamais les choses à contre-poil, bien qu’elles y viennent.

CCXXV. Connaître son défaut dominant.

CCXXVI. Attention à engager.

CCXXVII. N’être point homme de première impression.

CCXXVIII. N’avoir ni le bruit ni le renom d’avoir méchante langue.

CCXXIX. Savoir partager sa vie en homme d’esprit.

CCXXX. Ouvrir les yeux quand il est temps.

CCXXXI. Ne laisser jamais voir les choses qu’elles ne soient achevées.

CCXXXII. Savoir un peu le commerce de la vie.

CCXXXIII. Savoir trouver le goût d’autrui.

CCXXXIV. N’engager jamais sa réputation sans avoir des gages de l’honneur d’autrui.

CCXXXV. Savoir demander.

CCXXXVI. Faire une grâce de ce qui n’eût été après qu’une récompense.

CCXXXVII. N’être jamais en part des secrets de ses supérieurs.

CCXXXVIII. Connaître la pièce qui nous manque.

CCXXXIX. N’être pas trop fin.

CCXL. Savoir faire l’ignorant.

CCXLI. Souffrir la raillerie, mais ne point railler.

CCXLII. Poursuivre sa pointe.

CCXLIII. N’être pas colombe en tout.

CCXLIV. Savoir obliger.

CCXLV. Raisonner quelquefois à rebours du vulgaire.

CCXLVI. Ne donner jamais de satisfaction à ceux qui n’en demandent point.

CCXLVII. Savoir un peu plus, et vivre un peu moins.

CCXLVIII. Ne se pas laisser aller au dernier.

CCXLIX. Ne point commencer à vivre par où il faut achever.

CCL. Quand faut-il raisonner à rebours ?

CCLI. Il faut se servir des moyens humains, comme s’il n’y en avait point de divins ; et des divins, comme s’il n’y en avait point d’humains.

CCLII. Ni tout à soi, ni tout à autrui.

CCLIII. Ne se rendre pas trop intelligible.

CCLIV. Ne pas négliger le mal parce qu’il est petit.

CCLV. Faire peu de bien à la fois, mais souvent.

CCLVI. Se tenir toujours préparé contre les attaques des rustiques, des opiniâtres, des présomptueux, et de tous les autres impertinents.

CCLVII. N’en venir jamais à la rupture.

CCLVIII. Chercher quelqu’un qui aide à porter le faix de l’adversité.

CCLIX. Prévenir les offenses, et en faire des faveurs.

CCLX. Tu ne seras ni tout entier à personne, ni personne tout entier à toi.

CCLXI. Ne point continuer une sottise.

CCLXII. Savoir oublier.

CCLXIII. Beaucoup de choses qui servent au plaisir ne se doivent pas posséder en propre.

CCLXIV. N’avoir point de jour négligé.

CCLXV. Savoir engager ses dépendants.

CCLXVI. N’être pas méchant d’être trop bon.

CCLXVII. Paroles de soie.

CCLXVIII. Le sage doit faire au commencement ce que le fou fait à la fin.

CCLXIX. Se prévaloir de sa nouveauté.

CCLXX. Ne point condamner tout seul ce qui plaît à plusieurs.

CCLXXI. Que celui qui sait peu dans sa profession s’en tienne toujours au plus certain.

CCLXXII. Vendre les choses à prix de courtoisie.

CCLXXIII. Connaître à fond le caractère de ceux avec qui l’on traite.

CCLXXIV. Avoir le don de plaire.

CCLXXV. Se conformer à l’usage, mais non pas à la folie commune.

CCLXXVI. Savoir renouveler son génie par la nature et par l’art.

CCLXXVII. L’homme d’ostentation.

CCLXXVIII. Fuir en tout d’être remarquable.

CCLXXIX. Laisser contredire sans dire.

CCLXXX. L’homme de bon aloi.

CCLXXXI. L’approbation des habiles gens.

CCLXXXII. Se servir de l’expédient de l’absence pour se faire respecter ou estimer.

CCLXXXIII. Être homme de bonne invention.

CCLXXXIV. Ne te mêle point des affaires d’autrui, et tu ne seras point mal dans les tiennes.

CCLXXXV. Ne se pas perdre avec autrui.

CCLXXXVI. Ne se pas laisser obliger entièrement, ni par toutes sortes de gens.

CCLXXXVII. N’agir jamais durant la passion.

CCLXXXVIII. Vivre selon l’occasion.

CCLXXXIX. Ce qui discrédite davantage un homme, est de montrer qu’il est homme.

CCXC. C’est un bonheur de joindre l’estime avec l’affection.

CCXCI. Savoir faire une tentative.

CCXCII. Être au-dessus, et non au-dessous de son emploi.

CCXCIII. De la maturité.

CCXCIV. Se modérer dans ses opinions.

CCXCV. Faire, sans faire l’homme d’affaires.

CCXCVI. L’homme de prix et de qualités majestueuses.

CCXCVII. Faire tout, comme si l’on avait des témoins.

CCXCVIII. L’esprit fécond, le jugement profond, et le goût fin.

CCXCIX. Laisser avec la faim.

CCC. Enfin, être saint.

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