Froissart
Les rues de Paris
En mon jouvent (jeunesse), tout tel estoieQue trop volontiers m’esbatoie.Et tel que fui encor le sui…Très que n’avoie que douze ansEstoie fortement goulousans (désireux)De vésir (voir) danses et carolles,D’oïr ménestrels et parolles,Qui s’appartiennent à déduit,Et de ma nature introduitD’aimer par amour tous ceauls (ceux)Qui aiment et chiens et oiseauls ;.........Et si destoupe mes oreilles,Quand j’oï vin verser de bouteilles,Car au boire prens grand plaisir.
Aussi fais en beaux draps vestir,En viande fresche et nouvelle.Violettes en leurs saisonsEt roses blanches et vermeillesVoi volontiers, car c’est raison, »
HONORARIUM.Gallorum sublimis honos et fama tuorum,Hic, Froissarde, jaces, si modò fortè jaces.Historiæ vivus studuisti reddere vitam,Defuncto vitam reddet at illa tibi.
Ce fut au joli mois de may,Je n’eus doubtance ni esmai (effroi)Quand j’entray en un jardinet.Il estoit assez matinet,Un peu après l’aube crevant (croissant)Nulle riens ne m’alloit gresvant (pesant),Mès (mais) toute chose me plaisoitPour le joli temps qu’il faisoit,Et estoit apparent dou (de) faire..........Je me tenois en un momentEt pensois au chant des oiseauls,En regardant les arbriseaus,Dont il y avait grant foison,Et estoie sous un buissonQue nous appelons aube-espineQui devant et puis l’aube espine ;Mes la flour (fleur) est de tel (telle) noblesse.Que la pointure petit blesse ;.........Tout envi que là me seoie (seyais)Et que le firmament veoie (voyais)Qui estoit plus clair et plus purQue ne soit argent ne azur,En un penser je me ravis…
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