CCXIII
Ce 9 juillet.
Princesse,
Je suis bien sensible à ce bon intérêt. On a voulu, en effet, me donner des tracas, et j’ai eu une vraie peine pour cette affaire de l’École normale, en ayant été comme l’occasion directe.
L’inconcevable faiblesse de… et la roideur non moins incroyable de… ont dès l’abord brouillé une affaire qui devait se terminer à l’intérieur. — L’absence du ministre a failli mettre les choses au pire. J’espère que tout est réparé depuis hier soir et que cela finira par l’éloignement temporaire d’un très-bon élève qui n’est pas plus coupable que les autres et qui rentrera après une courte éclipse.
Quant au cartel Lacaze-Heeckeren, c’est une chose que j’ai dû mener à ma manière ; au fond, j’y vois du ridicule et un peu d’odieux. J’espère que l’opinion est pour moi, si j’en crois le battement du pouls qui se fait vivement sentir.
J’ose espérer, Princesse, que vous m’accorderez en tout ceci quelque crédit, absent que je suis, sentant autrement que bien des personnes qui ne sont pas du même milieu que moi et qui ne sont pas obligées de voir ces questions sous le même jour. J’espère encore une fois que je ne sortirai pas de toute cette lutte diminué ni aplati, et que je paraîtrai encore digne d’être votre ami.
Mais que ces grands corps de l’État, que ces grandes assemblées sont loin d’être présidées comme elles devraient l’être ! Que d’imprévoyances !
Daignez agréer, Princesse, l’hommage de mon tendre et inaltérable attachement.
Votre protégée du Conservatoire, M C…, va passer, avec sa mère malade, une saison à Enghien. Cette mère est une personne des plus distinguées ; la jeune personne est très-bien, très-gentille. Une ambition de la pauvre mère serait de conduire un jour, un matin, sa fille à Saint-Gratien, et peut-être que vous pourriez l’entendre un quart d’heure chanter à ce piano que M de Fly tient si agréablement. Vous jugeriez de cette jeune voix.
Je parle peu de ma santé, — la même, mais sans mieux.
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