Lettres à la princesse — Lettre241

CCXLI

Ce 28, samedi.

Princesse,

Je l’écrivais hier à Mérimée, j’ai rarement vu un aussi mauvais discours de réception, et j’en ai bien vu. L’Académie recueille ce qu’elle a semé, et il paraît qu’elle s’en félicite. Ce Gratry n’a pas même su nous donner une faible esquisse de ce pâle M. de Barante : il s’est jeté dans l’abstraction et dans le mystique, non sans se passer les attaques et les sournoiseries. Ce qui ne me révolte pas moins, c’est l’éloge que M. Vitet a fait de ce faux savant et de cet esprit si peu juste. Oh ! que le genre académique est donc un genre faux et le contraire du vrai ! Nous voilà bien lotis avec ce nouveau confrère qui fait la paire avec le Dupanloup. Cela me console de n’y pas aller.

On dit Duruy très-menacé et à la veille de partir. Qui mettra-t-on pour le remplacer ? Encore une concession à ces robes noires. Oh ! Princesse, trouvez moyen de dire quelques mots de raison à l’oreille, je vous en supplie !

Je mets à vos pieds l’hommage de mon tendre et inaltérable attachement.

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