CCXLV
27 mai 1868.
Princesse,
Je venais hier d’envoyer une lettre lorsque j’ai reçu la vôtre. Je suis un peu mieux, — pas tout à fait bien encore. — Je félicite les voyageurs, les deux pigeons revenus au gîte après une volée si splendide en deux coups d’aile : voilà notre progrès, cela ne s’est vu que de nos jours.
Il y a, par suite de ces misérables dénonciations et de ces séances prolongées du Sénat qui ont soufflé le feu, une indicible émotion chez les étudiants en médecine : ils sont venus hier chez moi au nombre de deux cents environ. Ces jeunes gens étaient contents de leurs professeurs, ils en sont maintenant enthousiastes. On a peine à se remettre paisiblement au train d’études. C’est ce sec et hideux cardinal qui est venu porter la confusion là où il y avait le calme et l’étude. Il serait bien bon que l’empereur sût quelque chose de tout cela. Il ne manquerait plus que de faire Dupanloup cardinal : et je vois le moment où il le sera.
Princesse, tâchez que l’empereur soit pénétré de ceci : ces hommes noirs sont odieux au fonds généreux de la France. C’est compromettre l’avenir que de laisser croire qu’on est lié à eux ou avec eux. Ils sont messagers de mal et conseillers de malheur.
Daignez agréer, Princesse, l’hommage de mon tendre et respectueux attachement.
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