Desaugiers

Poètes et romanciers modernes de la France

Orecchio ama placatoLa Musa, e mente arguta e cor gentile.

Laudibus arguitur vini vinosus Homerus.

Il n’est donné qu’à la vertuD’éprouver ton heureux délire.

Des hautes voluptés nous que la soif altère,Fils de la Muse, au vin rendons un culte austère,Buvons-le chastement, comme le sang d’un dieu.

Naturam expellas furca, tamen usque recurret.

Oui, nom d’un chien !J’veux t’être épicurien,

En joyeuse société,Quelques amis du Vaudeville

Considérant que la gaietéSommeille un peu dans cette ville ;Sous les auspices de Panard,Vadé, Piron, Collé, Favart,Ont regretté du bon vieux âgeLe badinageQui s’enfuit ;Et, pour en rétablir l’usage,Sont convenus de ce qui suit :

Au nom de l’Assemblée entière,Paraphé, ne varietur.Paris, ce deux vendémiaire,Radet, Piis, Deschamps, Ségur.

Aime, ris, chante et bois,Tu ne vivras qu’une fois.

Cueillons, cueillons la rose au matin de la vie !

Le jourChantant l’amour,Et souvent le faisant sans bruitLa nuit… ;

Lorsque le champagneFait en s’échappantPan, pan… ;

À soixante ans on ne doit pas remettreL’instant heureux qui promet un plaisir.…Celui qui plie à soixante ans bagage,S’il vécut bien, vécut assez long temps.

Depuis que j’ai touché le faîteEt du luxe et de la grandeur ;J’ai perdu ma joyeuse humeurAdieu bonheur ! (bis.)Je bâille comme un grand seigneur…Adieu bonheur !Ma fortune est faite.

Tout va bien (bis),Grace au ciel, je n’ai plus rien,Je n’ai plus rien, je n’ai plus rien.

Chien et chat,Chien et chat,Voilà le mondeA la ronde ;Chaque état,Chaque étatN’offre, hélas ! que chien et chat.

Qu’êtes-vous sous ce beau cielQue réfléchit l’Archipel,Turcs si doux et si polis,Et vous, soldats de Miaulis ?Chien et chat, etc., etc.

Bon Desaugiers, mon camarade,Mets dans tes poches deux flacons ;Puis rassemble, en versant rasade,Nos auteurs piquans et féconds.Ramène-les dans l’humble asileOù renaît le joyeux refrain.Eh ! va ton trainGai boute-en-train !Mets-nous en train, bien en train, tous en train,Et rends enfin au VaudevilleSes grelots et son tambourin.

Peuple français, la politiqueT’a jusqu’ici trop, attristé ;Rappelle ta légèreté,Ton antiqueJoyeuseté !

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