Exposition universelle, 1855, Beaux-arts
Curiosités esthétiques
Il naît sous le soleil de nobles créaturesUnissant ici-bas tout ce qu’on peut rêver :Corps de fer, cœurs de flamme, admirables natures !
Dieu semble les produire afin de se prouver ;Il prend pour les pétrir une argile plus douce,Et souvent passe un siècle à les parachever.
Il met, comme un sculpteur, l’empreinte de son pouceSur leurs fronts rayonnants de la gloire des cieux,Et l’ardente auréole en gerbes d’or y pousse.
Ces hommes-là s’en vont calmes et radieux,Sans quitter un instant leur pose solennelle,Avec l’œil immobile, et le maintien des dieux.
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Ne leur donnez qu’un jour, ou donnez-leur cent ans,L’orage ou le repos, la palette ou le glaive :Ils mèneront à bout leurs dessins éclatants.
Leur existence étrange est le réel du rêve !Ils exécuteront votre plan idéal,Comme un maître savant le croquis d’un élève.
Vos désirs inconnus, sous l’arceau triomphal,Dont votre esprit en songe arrondissait la voûte,Passent assis en croupe au dos de leur cheval.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .De ceux-là chaque peuple en compte cinq ou six,Cinq ou six tout au plus, dans les siècles prospères.Types toujours vivants dont on fait des récits.
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