Le Flambeau vivant

Les Fleurs du mal — 1857

XXXVIIILE FLAMBEAU VIVANT

Ils marchent devant moi, ces yeux pleins de lumières,Qu’un Ange très-savant a sans doute aimantés ;Ils marchent, ces divins frères qui sont mes frères,Suspendant mon regard à leurs feux diamantés.Me sauvant de tout piège et de tout péché grave,Ils conduisent mes pas dans la route du Beau ;Ils sont mes serviteurs et je suis leur esclave ;Tout mon être obéit à ce vivant flambeau.

Charmants Yeux, vous brillez de la clarté mystiqueQu’ont les cierges brûlant en plein jour ; le soleilRougit, mais n’éteint pas leur flamme fantastique ;Ils célèbrent la Mort, vous chantez le Réveil ;Vous marchez en chantant le réveil de mon âme,Astres dont le soleil ne peut flétrir la flamme !

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