Horreur sympathique
Les Fleurs du mal (1861)
LXXXIIHORREUR SYMPATHIQUE
De ce ciel bizarre et livide,Tourmenté comme ton destin,Quels pensers dans ton âme videDescendent ? réponds, libertin.— Insatiablement avideDe l’obscur et de l’incertain,Je ne geindrai pas comme OvideChassé du paradis latin.
Cieux déchirés comme des grèves,En vous se mire mon orgueil ;Vos vastes nuages en deuilSont les corbillards de mes rêves,Et vos lueurs sont le refletDe l’Enfer où mon cœur se plaît.
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