Le Guignon
Les Fleurs du mal (1861)
XILE GUIGNON
Pour soulever un poids si lourd,Sisyphe, il faudrait ton courage !Bien qu’on ait du cœur à l’ouvrage,L’Art est long et le Temps est court.Loin des sépultures célèbres,Vers un cimetière isolé,Mon cœur, comme un tambour voilé,Va battant des marches funèbres.
— Maint joyau dort enseveliDans les ténèbres et l’oubli,Bien loin des pioches et des sondes ;Mainte fleur épanche à regretSon parfum doux comme un secretDans les solitudes profondes.
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