Le Vin des amants

Les Fleurs du mal (1861)

CVIIILE VIN DES AMANTS

Aujourd’hui l’espace est splendide !Sans mors, sans éperons, sans bride,Partons à cheval sur le vinPour un ciel féerique et divin !Comme deux anges que tortureUne implacable calenture,Dans le bleu cristal du matinSuivons le mirage lointain !

Mollement balancés sur l’aileDu tourbillon intelligent,Dans un délire parallèle,Ma sœur, côte à côte nageant,Nous fuirons sans repos ni trêvesVers le paradis de mes rêves !

Comments

Loading comments…